Nouvel arrivant dans la Tanière, Malang Sarr se confie sur ses premiers pas avec les Lions du Sénégal, son intégration au sein du groupe et ses ambitions sous le maillot national. Dans cet entretien, le défenseur sénégalais revient également sur sa longue attente avant sa première convocation, sa relation avec le sélectionneur, l’héritage de son père et son attachement à Rufisque. Déterminé à s’imposer dans une sélection en pleine transition, il affiche sa volonté de contribuer aux futurs succès du Sénégal.
Entretien.
Comment s’est passée votre intégration au sein de l’équipe nationale ?
« Honnêtement, ça ne pouvait pas mieux se passer. Je suis vraiment reconnaissant parce que j’ai été accueilli de la meilleure des manières. On dirait que je suis ici depuis des années. Ils m’ont vraiment mis à l’aise, dans les meilleures conditions pour que je puisse être moi-même. Je connaissais déjà beaucoup de joueurs et j’avais de très bonnes relations avec certains. C’est encore mieux que ce que j’espérais ».
Avez-vous été déçu de ne pas avoir été convoqué plus tôt en sélection ?
« Honnêtement, j’espérais y être. Je pensais y être, pour être honnête. Quand on aspire à jouer pour l’équipe nationale et qu’on se donne les moyens, on espère forcément atteindre cet objectif. Il y a eu une déception à un moment donné, mais c’est une page qui s’est tournée. Aujourd’hui, je suis heureux d’être là et j’espère rendre fiers ceux qui m’ont attendu, mais aussi rendre la confiance que le staff et le sélectionneur m’ont accordée ».
Quel rôle souhaitez-vous jouer dans cette équipe nationale en pleine transition ?
« Ça tombe au bon moment pour moi parce qu’il y a un groupe qui est dans une phase de transition. Nous avons des anciens qui ont réalisé de grandes choses avec la sélection et qui vont désormais accompagner les plus jeunes. Je pense que je suis capable d’endosser ce rôle. C’est une responsabilité, mais j’ai toujours aimé avoir des responsabilités et savoir que les gens peuvent compter sur moi. Ce n’est pas seulement pour moi, c’est pour la nation, pour le pays ».
Les cadres de l’équipe vous ont-ils déjà expliqué ce qu’ils attendent de vous ?
«Bien sûr, le message est passé, il est très clair. Les cadres m’ont expliqué le fonctionnement du groupe, de la fédération et de l’équipe nationale. Je ressens la considération qu’ils ont pour moi. Si demain je suis amené à occuper l’un de ces rôles, je donnerai tout pour aider l’équipe nationale de la meilleure des manières ».
Ressentez-vous une pression particulière avec ces responsabilités ?
« C’est une responsabilité. Je ne suis pas quelqu’un qui vit avec la pression en général. Il faut simplement être à la hauteur. C’est en ayant les bonnes intentions et en mettant de la bonne volonté qu’on y arrivera. Je suis impatient de pouvoir aider ce groupe, parce que l’équipe nationale le mérite, la fédération le mérite et le pays le mérite ».
Comment avez-vous vécu votre première sélection en Éthiopie ?
« Dès notre premier entraînement, j’ai senti la différence. L’altitude pèse énormément sur le corps d’un athlète. Jouer dans ces conditions est très difficile. Pour ma première sélection, je me suis dit qu’il fallait avoir un mental d’acier, un mental de guerrier pour aller chercher la victoire. Nous étions venus pour prendre les trois points et nous avons réussi à le faire. Commencer par une victoire, c’est vraiment une belle chose. »
Qu’avez-vous ressenti en portant pour la première fois le maillot du Sénégal ?
« Je pense forcément à mon père, à mes parents et à toute ma famille. Ce n’est pas seulement moi qui réalise mon rêve. Quand mon nom apparaît sur le maillot, c’est toute ma famille qui est représentée. Porter le maillot de l’équipe nationale, c’est quelque chose à part. C’est une immense fierté et un honneur. Nous sommes quelques joueurs sélectionnés parmi des millions de Sénégalais qui rêveraient de représenter leur pays. Il faut être à la hauteur. »
Vous évoquez beaucoup votre père. Quelle influence a-t-il eue sur votre carrière ?
« Nous avions une relation très fusionnelle. Il a toujours été un exemple pour moi et une personne sur laquelle je pouvais compter. Tout ce que je suis aujourd’hui, je le dois aux valeurs qu’il m’a inculquées. Il a tout donné pour que je puisse devenir footballeur professionnel. Il faisait les efforts nécessaires pour que je ne manque de rien et que je puisse participer à tous mes entraînements et à tous mes matchs. Il avait un amour immense pour l’équipe nationale et nous l’a transmis. Aujourd’hui, réaliser ce rêve, c’est aussi le faire pour lui ».
Comment avez-vous surmonté son décès ?
« Nous avons toujours été une famille soudée, avec mes trois frères. Après le décès de mon père, nous nous sommes encore davantage rapprochés. Ce sont des moments très difficiles qui m’ont obligé à grandir et à mûrir plus vite. J’ai été bien entouré et j’ai essayé de prendre les bonnes décisions pour mon avenir. Aujourd’hui, je veux être une bonne personne et avoir un impact positif sur les autres ».
Quel lien entretenez-vous avec Rufisque ?
« Rufisque est une ville où je me rends quasiment tous les étés. Toute ma famille, du côté de mon père comme de ma mère, est là-bas. En France, je n’ai que ma mère et quelques oncles et tantes qui vivent à Nice. Le reste de ma famille est au Sénégal. J’ai un lien très fort avec Rufisque parce que c’est là que toute ma famille a grandi, là où tout a commencé pour nous ».
Quelles sont vos principales qualités en tant que défenseur ?
« Je dirais ma vitesse, ma qualité de relance et mon aisance dans les duels en un contre un. Aujourd’hui, le football évolue et les attaquants sont de plus en plus rapides. Il faut être capable de défendre, de relancer proprement et de répondre aux exigences du football moderne. Je travaille tous les jours pour améliorer mes qualités. Je pense être arrivé à une période de ma carrière où je me connais très bien et où je joue mon meilleur football ».
Quels défenseurs vous ont inspiré au cours de votre carrière ?
« Paolo Maldini est un joueur que j’ai toujours apprécié. Il avait une excellente qualité de relance, savait lire le jeu et défendait souvent debout. C’est un défenseur qui possédait toute la panoplie nécessaire. J’ai également appris auprès de joueurs avec lesquels j’ai évolué, comme Thiago Silva, qui m’ont donné des conseils importants pour devenir le joueur que je suis aujourd’hui ».
Quelle relation entretenez-vous avec le sélectionneur national ?
« C’est un entraîneur que j’ai connu dans le passé. Nous avons toujours entretenu une bonne relation, même lorsque nous étions adversaires. Il m’a beaucoup apporté quand j’étais plus jeune et nous sommes restés en contact. Lorsqu’il a été nommé sélectionneur, j’étais très content pour lui. Il m’a expliqué qu’il voulait construire quelque chose sur le long terme avec l’équipe nationale et m’a demandé si je partageais cette ambition. J’étais très heureux de recevoir cet appel. À moi maintenant de lui rendre cette confiance. »
Quelles sont vos ambitions avec les Lions du Sénégal ?
« Nos ambitions sont aussi grandes que celles des supporters sénégalais. Nous voulons donner du plaisir par le jeu, mais surtout par les victoires. Ce sont les trophées et les succès qui restent. Les Sénégalais aiment le beau jeu, mais ils aiment aussi les joueurs qui se battent et donnent tout sur le terrain. Nous traversons une période de transition, mais nous avons les moyens d’être à la hauteur de ce qui a été réalisé auparavant. Nous allons tout donner pour rendre les Sénégalais fiers et gagner encore des trophées ».
Avec FSF TV










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