Malick Cissé déborde d’ambitions : « Faire de l’AS Pikine un club africain durable d’ici…»

À la tête de l’AS Pikine de manière intérimaire, Malick Cissé affiche de grandes ambitions pour le club de la banlieue dakaroise. Acteur de longue date du mouvement sportif pikinois, l’ancien président de la Zone 1 entend profiter de cette nouvelle responsabilité pour instaurer une gestion plus rigoureuse, transparente et tournée vers le professionnalisme.

« Je suis fier aujourd’hui d’assurer l’intérim à la tête de l’AS Pikine. Avoir le privilège de présider, même de manière intérimaire, un club qui n’est plus à présenter au Sénégal est un honneur », confie Malick Cissé.

Une nouvelle méthode de gestion

Pour réussir sa mission, le président délégué souhaite notamment revoir le modèle économique du club. Selon lui, l’AS Pikine ne peut plus continuer à fonctionner essentiellement sur la base des cotisations de ses membres. Il envisage ainsi la création d’une société de gestion sportive qui accompagnerait l’association dans la recherche de financements, le développement d’une académie, la formation des jeunes et la mise en place d’infrastructures adaptées. « Nous devons aller vers une forme hybride, avec l’association d’un côté et une société de gestion sportive de l’autre. Cette structure pourrait nous aider à trouver les moyens nécessaires pour gérer l’aspect professionnel, développer une académie et permettre à Pikine de rayonner sur les plans national et international », explique-t-il.

L’ancien président de la Zone 1 de Pikine et de l’ASC Darou Khoudoss compte également miser sur les campagnes de levée de fonds, le merchandising, la contribution de la diaspora pikinoise ainsi que le sponsoring. Il souhaite notamment convaincre les nombreuses entreprises implantées dans la zone industrielle comprise entre Dalifort et Mbao d’accompagner davantage l’AS Pikine dans le cadre de leur responsabilité sociétale.

« Tout franc mis au profit de Pikine doit être traçable »

La transparence financière constitue l’un des principaux axes de son projet. Malick Cissé promet une gestion rigoureuse des ressources du club et une meilleure planification des dépenses. « Quand les moyens seront là, ils seront gérés dans la transparence et dans le respect des principes de bonne gouvernance. Tout franc mis au profit de Pikine doit être traçable et, à la fin, un compte rendu devra être fait aux Pikinois », assure-t-il. Le budget prévisionnel de l’AS Pikine pour la prochaine saison est estimé à 238 millions de FCFA. Dans le même temps, la direction financière souhaite ramener la masse salariale mensuelle de 11 à 8 millions de FCFA. Pour Malick Cissé, l’objectif est clair : éviter de vivre au-dessus des moyens du club et consacrer prioritairement les ressources disponibles aux besoins directement liés à la performance sportive.

« Nous devons être intransigeants sur la gestion de l’argent de l’équipe. Les dépenses qui ne sont ni urgentes ni nécessaires seront mises de côté. La priorité, ce sont les salaires, les primes et la motivation des joueurs et des entraîneurs ».

Le maintien comme priorité sportive

Malgré ses grandes ambitions à moyen et long terme, Malick Cissé se veut prudent pour la saison à venir. L’objectif fixé au staff technique est avant tout d’assurer rapidement le maintien en Ligue 1. Il considère la nouvelle saison comme une période de transition qui doit permettre à l’AS Pikine de se restructurer avant de viser plus haut. « Ce n’est pas un manque d’ambition. Aujourd’hui, nous devons d’abord être solides dans le championnat sénégalais avec les moyens dont nous disposons. Ensuite, année après année, nous pourrons bâtir un club capable de s’installer durablement sur la scène africaine ».

L’Afrique en ligne de mire à l’horizon 2030-2035

À plus long terme, le dirigeant ne cache pas ses ambitions continentales. Son objectif est de construire progressivement une équipe capable de rivaliser avec les grandes formations africaines. « Nous avons l’ambition de bâtir, sur cinq ans, un club qui puisse être africain. D’année en année, nous devons construire un club capable d’être présent sur la scène continentale à l’horizon 2030-2035 », affirme-t-il.

Pour y parvenir, Malick Cissé estime que l’AS Pikine devra tirer les leçons de ses précédentes expériences africaines, mais également bénéficier de moyens financiers beaucoup plus importants. «Nous avons les infrastructures, nous avons le public. Ce qui nous manque, ce sont les moyens. Si nous obtenons ces moyens, Pikine ne devra plus jouer les seconds rôles. Nous devons devenir l’une des locomotives du championnat sénégalais et, à terme, intégrer durablement le cercle des grands clubs africains ».

Arriérés de salaires : un mois déjà réglé

Malick Cissé s’est également exprimé sur la question sensible des arriérés de salaires des joueurs. Selon lui, deux mois étaient dus et un premier mois a déjà été réglé. Il assure que le club travaille à trouver les ressources nécessaires pour apurer complètement la dette. « Pour moi, le salaire est sacré. Je ne peux pas diriger une équipe qui doit des salaires à ses travailleurs. Je ne dormirai pas tant que ces arriérés ne seront pas devenus un problème du passé à l’AS Pikine », promet-il.

Un effectif renouvelé

L’intersaison a également été marquée par plusieurs départs importants. Face à cette situation, la direction a choisi de conserver certains cadres tout en faisant venir de jeunes joueurs afin de préparer progressivement l’avenir. Malick Cissé regrette toutefois que le club ne bénéficie pas suffisamment financièrement du départ de certains joueurs qu’il a contribué à former et à valoriser. « On ne peut pas former un joueur, lui verser des salaires pendant plusieurs années et le laisser partir sans que le club ne bénéficie financièrement de son transfert. C’est un aspect que nous devons absolument revoir dans nos textes et dans nos futurs contrats ». La future académie du club devrait ainsi jouer un rôle majeur dans cette stratégie, avec l’ambition de mieux encadrer la formation, la valorisation et le transfert des jeunes talents.

Vers une levée de l’interdiction de recrutement ?

Enfin, Malick Cissé a fait le point sur l’interdiction de recrutement qui touche l’AS Pikine. Le dirigeant assure que le club a engagé les démarches nécessaires auprès de la FIFA pour régulariser sa situation. Une amende de 2 000 francs suisses doit notamment être réglée. Malick Cissé espère qu’une fois cette procédure accomplie, la sanction pourra être levée au niveau national afin de permettre l’enregistrement des nouvelles recrues.